Puisqu’on en est aux présentations de "ceux qui sont nés quelque part", comme chante Brassens, je vous dirai que je suis né à Paris, de père d’origine gasconne de la côte basque (eh, oui !) et de mère "bretonne" de pays gallo.
Je reviens d’un petit tour en Bretagne-Sud, de Vannes à Crozon, et je peux vous dire que je m’y sentais étranger, non parce que je ne parle que quelques mots de Breton, mais parce que je n’y vis pas. Pourtant je m’y sentais bien.
Etre étranger à un lieu n’a rien de négatif, mais cela conditionne de se considérer comme invité par les gens qui vivent en ce lieu et qui en font vivre l’identité. Si les instructeurs de l’Education Nationale étaient arrivés dans les provinces avec des considérations aussi humblement humaines, il n’y aurait certainement pas eu le génocide culturel dont la France s’est rendu coupable envers sa propre population.
Une autre question au voyageur que vous êtes : vous, parisien "d’origine" (sic) habitant la Provence, croyez-vous ne pas être considéré comme un étranger en Espagne sous prétexte que vous "parlez l’espagnol" ? Sachez que vous y serez toujours considéré comme un étranger et un touriste, si vous ne faites qu’y passer, comme vous le serez en Normandie, à Clermont où à Angers où l’on ne parle guère plus que le "français". Et peut-être qu’en Provence où vous vivez, vous êtes encore tout autant étranger aux yeux de vos voisins (à moins que suite à une exploitation immobilière intensive, ils ne soient eux aussi parisiens "d’origine").
Bons voyages et bonnes interrogations dans les provinces de l’Etat français.
Kenavo, Ikusi arte, Adiu, Hasta luego, Auf Wiedersehen, Da svidania, et caetera
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