C’est à la une du site internet de Marylise Lebranchu : le groupe des députés socialistes et apparentés a accepté, à l’initiative de Victorin Lurel, Marylise Lebranchu et Françoise Olivier-Coupeau, de déposer officiellement une proposition de loi constitutionnelle tendant à modifier l’article 2 de la Constitution pour reconnaître les langues régionales.

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Dans ce communiqué, les trois initiateurs (1) se félicitent "que leur long combat et leur engagement aboutissent à ce dépôt officiel par 204 députés socialistes et apparentés de leur proposition de loi. Cette nouvelle rédaction de l’article 2 de la Constitution permettra de lever bien des obstacles administratifs et réglementaires à l’utilisation, l’enseignement et à la diffusion des langues régionales. Il sera un signe fort en faveur de la diversité et de la richesse culturelle de notre pays. C’est enfin un préalable juridique nécessaire à la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Ils appellent solennellement le Gouvernement et les députés de la majorité à consacrer cette avancée pour la prise en compte de la diversité lors de la prochaine révision constitutionnelle sur les institutions en votant cette proposition de loi indiquant, dans l’article 2 de la Constitution que « La langue de la République est le français dans le respect des langues régionales qui font partie de notre patrimoine »."

Bien que ce communiqué, daté du 23 janvier, se félicite du "dépot officiel" de ce projet de loi, le site de l’assemblée nationale, consulté ce matin, n’en révèle aucun trace. Ni sur les propositions de lois déposés par Mme Lebranchu, ni sur celles déposées par Mme Coupeau, ni sur celles déposées par M. Lurel.

Simple souci technique sur le site de l’assemblée nationale ? Ou précipitation dans la communication ? Nous verrons dans les prochains jours en surveillant le dépot des propositions de loi à l’assemblée nationale...

Une proposition de loi constitutionnelle ne peut être adoptée qu’en congrès des députés et des sénateurs avec une majorité des 3/5

Signée de 204 députés socialistes, la proposition de loi pourrait permettre, à la suite, la ratification de la Charte européenne sur les langues régionales et minoritaires. Rappelons qu’il y a quinze jours, M. Marc Le Fur, vice-président de l’assemblée nationale et député UMP de la 3e circonscription des Côtes d’Armor, avait déposé, sans succès, avec 65 autres députés de la majorité présidentielle, un amendement dans le même sens à l’assemblée nationale. Mme Lebranchu avait aussi déposé un amendement, débattu sans plus de succès.

Il y aurait donc aujourd’hui 269 députés favorables aux langues régionales à l’assemblée nationale. 20 de moins que la majorité simple. Un progrès. Mais n’oublions pas qu’une loi constitutionnelle ne peut être adoptée que par référendum ou par vote de l’assemblée nationale et du sénat réunis en congrès, avec une majorité des trois cinquièmes.

Opposé à la ratification de la Charte européenne des langues régionales, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, ne souhaite pas organiser de référendum sur la modification de la consitution. Reste donc la voix parlementaire.

Le 15 janvier dernier, le premier Ministre, François Fillon, avait tenté d’empêcher le débat sur l’amendement Le Fur (2). Jean-François Coppé, porte-parole du groupe UMP, avait alors proposé "que cela donne lieu à un débat spécifique, découplé de la réforme constitutionnelle, qui aura lieu après les municipales en préalable à la grande révision constitutionnelle sur les institutions françaises". (3) Proposition confirmée par Mme Rachida Dati, garde des sceaux qui s’est engagée à "à ce qu’un débat parlementaire ait lieu sur la délicate question des langues régionales." (4) Alors, en mars, après les municipales ? Nous verrons...

Elus socialistes... Encore un effort pour défendre la langue bretonne !

Sur le site internet du groupe socialiste à l’assemblée nationale, il n’est pas fait mention de la proposition de loi de Mme Lebranchu. Ni sur les site des fédérations PS des Côtes d’Armor, du Finistère, ou du Morbihan.

En ce moment, des parents d’élèves demandent l’ouverture de classes bilingues dans leur école publique. Ils habitent Bannalec, Couëron, Guichen, Lorient, Pleyben, Ploeren, Saint-Etienne-de-Montluc, pour ne parler que de ceux qui font l’actualité de ce mois de janvier.

Les services de l’éducation nationale refusent d’ouvrir ces classes et parfois, les maires, dont certains sont des membres du Parti socialiste, ne soutiennent pas ces demandes légitimes. Incompréhension ou duplicité ? On ne répondra pas à la question...

Un engagement clair des fédérations du Parti socialiste en Bretagne est nécessaire. Comme il est nécessaire que les députés PS respectent les engagements qu’ils ont pris en signant les propositions du Conseil Culturel de Bretagne en mai dernier.

Enfin, nous attendons des candidats aux élections municipales et cantonales du PS et de ses alliés s’engagent clairement aux côtés des parents qui demandent l’ouverture de classes bilingues. Sur ce point (et certaines communes s’y reconnaîtront facilement), nous restons, pour l’instant, sur notre faim.

2008, année de la langue bretonne !

- [1] Ancien ministre, Marylise Lebranchu est députée PS de la 4e circonscription du Finistère Visiter son site internet. Député PS de la 4e circonscription de Guadeloupe, Victorin Lurel est aussi Victorin Lurel est Secrétaire National à l’Outre-mer au Parti Socialiste Visiter son site internet. Députée PS de la 5e circonscription du Morbihan, Françoise Olivier-Coupeau est aussi Présidente du Groupe d’études sur les langues régionales à l’assemblée nationale Lire l’article

- [2] Voir sur Ouiaubreton : Amendements à la Consitution : François Fillon tente d’interdire le débat... qui finalement a lieu quand même

- [3] Lire sur ouiaubreton Jean-François Coppé pour le report en mars du débat sur les langues régionales

- [4] Les extraits de ce débat sont disposnibles sur ouiaubreton

webmestre, samedi 26 janvier 2008.

6 commentaires

  • Vous exagérez ! 26 janvier 2008 12:12

    Vous exagérez ! A Lorient par exemple, Norbert Métairie fait des efforts. Hier soir, il présentait ses vœux pour Cap L’orient. Il a conclu en souhaitant "blavezh mad". C’est un progrès, non ?

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  • Qu’entends-je, qu’ouïe-je ? Des efforts ? Mr Métairie ?

    Un "Blavez Mat" ne suffit pas, des prises de positions sur l’enseignement bilingue, la défense de Diwan (au lieu de prendre fait et cause pour un match de foot ! ! ), seront là, oui, des vraies avancées...

    Alors des efforts, il en reste à faire.

    A bon entendeur salut !

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  • bien sur on ne peut que s’en féliciter, mais ou étaient donc les députés socialistes lors des derniers votes ? car s’ils avaient été présents les textes auraient été votés ! Tout ces débats et le sentiment que les réactions des bretons vis a vis de ces problemes peuvent avoir des conséquences sur les résultats des prochaines élections locales, nous montrent qu’il faut aller dans ce sens : aujourd’hui si l’on arrive a convaincre 2 à 3 % des bretons de voter uniquement pour des candidats qui s’engagent pour la défense de notre langue, nous aurons gagné car la majorité des elections se gagnent à 2% près . pour le reste il faut se montrer méfiant : ce n’est pas parceque le voeu du conseil régional demandant la reconnaissance du breton à coté du français a été voté quasiment a l’unanimité que tous les conseillers régionaux sont prets a défendre cette cause.

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    • Pourquoi pas interpeller tous les candidats aux municipales et aux cantonales en leur demandant de s’engager sur la langue bretonne et l’ouverture de classes bilingues dans leur commune (ou leur département) ?

      Ei s’ils ne veulent pas, on va voter quand même mais on glisse un bulletin "ya d’ar brezhoneg". On aura fait notre geste citoyen mais le vote sera nul, renvoyant les protagonistes dos à dos !

      Pour ma part, je suis partant... Il y en a d’autres ?

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  • ...Langue régionale minoritaire !!! ...proposition de loi ? Comme par hasard juste avant les élections ? Proposer cette loi n’engage à rien vu qu’ils savent d’avance (le PS ) qu’elle n’a aucune chance d’être mise à l’ordre du jour et donc d’être votée !!! Je crains , encore une fois, que les Bretons vont tomber dans le panneau... Par contre voter aux élections pour les listes Bretonnes : Parti Breton, UDB etc... là est la voie à suivre. Une fois des élus issus de partis politiques (démocrates)aux manettes : alors tout deviendra possible pour la Bretagne.

    C’est clair, évident, mathématique tombe sous le bon sens...

    Tout cela sera possible quand tous les partis politiques Breton oeuvront ,enfin, tous ensemble. L’union fait la force : là est la solution

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